Les aspirations de la population demeurent d’actualité,

Insurrection populaire et putsch manqué : Les aspirations de la population demeurent d’actualité, selon la CCVC

dimanche 25 septembre 2016

 

La défense des acquis de l’insurrection population et de la résistance au putsch, étaient au centre d’un panel organisé par la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC). Placée sous le thème : « Défense et approfondissement des acquis de l’insurrection populaire et de la résistance au putsch de l’ex RSP : bilan et perspectives », cette rencontre a été une occasion pour certains responsables de la CCVC, Chrysogone Zougmoré, Bassolma Bazié, de donner leur lecture de ces deux grands événements, ainsi que leur position sur la gestion actuelle du pays. C’était ce samedi 24 septembre 2016 à Ouagadougou.

Insurrection populaire et putsch manqué : Les aspirations de la population demeurent d’actualité, selon la CCVC

Tirer des leçons du passé, être dans une position de lutte pour des lendemains meilleurs. C’est l’objectif du présent panel selon Chrysogone Zougmoré, vice-président de la CCVC.

Dates héroïques et mémorables, rappel de souvenirs douloureux pour le peuple burkinabè, les dates des 30 et 31 octobre 2014, celle du 16 septembre 2015, ont marqué l’évolution socio-politique du Burkina. « Nous assistons malheureusement en ce moment, à des querelles vaines sur la paternité du succès des deux événements. Au niveau de la CCVC, nous ne nous inscrivons pas dans un tel registre. Nous nous situons plutôt dans celui de la réflexion pour l’action, faire en sorte que les prochains pas que le peuple burkinabè va effectuer, puissent le conduire à des victoires beaucoup plus importantes et surtout à sa libération du joug de la domination qu’il vit aujourd’hui » a indiqué Chrysogone Zougmoré.

Le Burkina, depuis l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons, connait une crise révolutionnaire qui a évolué en s’élargissant de l’avis de Gabin Korbéogo, Secrétaire général de l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ). Pour lui, Il s’agit d’une crise socio-politique, économique et sécuritaire qui s’est aiguisée par plusieurs paliers dont les plus importants sont entre autres, les grandes luttes du collectif des organisations démocratiques de masse , des partis politiques et celle de la CCVC, les émeutes de fin 2008, les grandes contestations populaires suivies des minuteries des forces de défense et de sécurité de 2011, l’insurrection populaire d’octobre 2014 et la résistance victorieuse au putsch de septembre 2016.

Des acquis de l’insurrection populaire

Lors de ces deux événements, le mouvement démocratique s’est beaucoup investi. Des acquis ont été engrangés selon Bassolma Bazié, SG de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), membre de la coalition. A ce titre, il est à noter l’élévation du niveau de conscience politique des populations qui ne sont « plus prêtes à se laisser gouverner comme de par le passé ».

De cet éveil des consciences, Bassolma Bazié dit avoir relevé la disponibilité constante des populations à veiller à la mise en œuvre des politiques et le contrôle populaire pour « refuser à ce qu’on crée davantage des conditions de misère à leur endroit ». Un autre acquis à préciser à ce sujet, c’est la mobilisation des Burkinabè pour une gouvernance vertueuse. « Une gouvernance qui intègre le respect de la redevabilité des gouvernants, la résolution des crimes économiques et de sang, la préservation et la défense des libertés démocratiques, politiques et syndicales » a renchéri le SG de la CGT-B.

Les choses n’ont pas évolué dans le gouvernement post-transition

De la lutte pour la justice des martyrs, celle contre la vie chère, l’approfondissement de la démocratie, rien n’a bougé selon Bassolma Bazié.

Qu’en est –il de la justice pour les martyrs de l’insurrection et du putsch manqué ? « Le comportement que nous avons observé lors de la commémoration du premier anniversaire au cimetière et l’énervement constaté au sein des familles des martyrs, ce sont des impacts qui indiquent clairement que nous n’avons pas bougé d’un iota et ce n’est pas en l’honneur de ceux qui ont battu campagne et qui connaissaient bien les problèmes du pays , qui ont estimé que sur la base de leur expérience qu’ils pouvaient, qui viennent trainer les pieds » a indiqué Bassolma Bazié.

S’agissant de la lutte contre les crimes économiques et de sang, le Secrétaire général de la CGT-B déplore que « des délinquants aux cols blancs sont libérés des prisons sans qu’on ne justifie ». Et Bassolma Bazié de poursuivre : « Les mêmes tripatouillages qui ont conduit le peuple à descendre les 30 et 31 octobre se poursuivent au niveau de la justice. Quand on efface, on met des ratures sur des décisions de justice pour pouvoir annuler des mandats d’arrêts, c’est honteux. De ce point de vue, au plan juridique, nous pouvons estimer que rien n’a bougé »

« Est-ce qu’un pays qui est pauvre se comporte ainsi » ?

Pour la CCVC, il n’y a pas de négociation sur certains points. Il est question de la lutte pour l’approfondissement de la démocratie, la lutte pour la défense de la dignité des libertés. « Ce ne sont pas des choses qu’on quémande, nous exigeons et nous savons que les peuples mobilisés sont toujours victorieux » a confié Bassolma Bazié.

En termes de lutte contre la vie chère, « rien n’a bougé » également selon le SG de la CGT-B. Et Bassolma Bazié d’interpeller le présent gouvernement : « Ce ne sont pas des grimaces qu’on veut, ce n’est pas qu’a l’approche des anniversaires, il faut organiser des conférences de presse et aller déposer des gerbes de fleur. La réalité que nous voulons, ce n’est pas de la théâtralisation des évènements. Nous voulons la justice pour le peuple ».

Par ailleurs, si « les dirigeants aiment nous dire qu’il n’y a rien dans les caisses de l’Etat », le SG de la CGT-B estime qu’ils devraient revoir leurs comportements. « Quand on nous dit qu’il n’y a rien dans les caisses de l’Etat, ça doit se ressentir sur le mode de vie de nos gouvernants. Depuis que le chef de l’Etat et son équipe sont là, est-ce qu’ils ont publié le décret sur la base duquel leurs émoluments sont payés. Suite à un remaniement ministériel, tout ministre qui n’est plus dans le gouvernement continue de toucher son salaire pendant six mois. Est-ce qu’un pays qui est pauvre se comporte ainsi ».

Nicole Ouédraogo 
Lefaso.net

 

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