Extrémisme religieux

Extrémisme religieux : Ces zones du Burkina Faso qui se radicalisent en silence !

LEFASO.NET | Par Tiga Cheick SAWADOGO • jeudi 9 février 2017 à 06h28min

La région du Nord et surtout celle du sahel attirent toutes les attentions et mobilisent les énergies dans la lutte contre le terrorisme au Burkina. A juste titre, puisque les attaques des positions des Forces de défense et de sécurité et des populations civiles sont enregistrées surtout dans cette partie du territoire. Mais en silence, les discours d’intolérance et de radicalisation sont entendus ailleurs. Konga, Sémè, Ganagoulo dans la province du Sourou se transforment peu à peu. Les discours changent, les habitudes aussi, et pas dans le bon sens.

Extrémisme religieux : Ces zones du Burkina Faso qui se radicalisent en silence !

Loin de mettre à l’index un groupe, ce sont des faits réels et constatables que nous relevons. Les graines sont semées et germent déjà, il reste à empêcher la plante rampante de la radicalisation qui débouche sur des actes terroristes, de se développer davantage. Il n’y a pas que le sahel burkinabè qui soit en proie aux terroristes.

Les idées des islamistes radicaux se répandent peu à peu dans certaines contrées du Birkina où ils recrutent. Un village comme Sémè dans la région de la Boucle du Mouhoun est pratiquement dans l’escarcelle des fous de Dieu. La radicalisation d’une partie de la population modifie carrément la structure sociale du village.

Le voile intégral n’est plus un choix à Sémè. Il est imposé. Plus inquiétant, les mosquées sont désormais divisées en fonction des ‘’maitres penseurs’’. Il y a la mosquée des musulmans ‘’traditionnels’’, celle des partisans de Amadou Koufa. Oui, le même. Amadou Koufa, originaire de la ville de Mopti, et proche de Iyad Ag Ghali , chef du groupe Ansar Dine allié à al-Qaïda au Maghreb islamique. Amadou Koufa est ce prêcheur radical qui prône la charia dans des discours enflammés en Fulfuldé. Dans cette mosquée de ses partisans, les prêches sont radicaux et violents.

Une troisième mosquée du village est fréquentée par ceux qui se réclament d’un autre leader religieux, avec un discours qui ne fait pas de place non plus à la tolérance.

« On ne peut plus parler à la femme de son frère. Une femme ne peut plus monter à vélo pour, par exemple aller chercher de l’eau. Quand on la prend, on retire le vélo et on casse les bidons (qu’elle utilise pour chercher de l’eau) », nous révèle une source qui connait bien le village.

De même, les mariages et les baptêmes ne sont plus célébrés comme de par le passé. Cela depuis que certaines personnes ont commencé à faire des va-et-vient entre le village et le Mali, situé à une trentaine de kilomètres de là. Tuer un bœuf ou un mouton pour un mariage ou un baptême, est qualifié de ‘’Haram’’ (Interdit). Ces groupes vivent désormais en vase clos et n’associent plus leurs propres frères à certaines activités sociales, si ceux-ci ne sont pas de la même branche.

Dans une moindre mesure, des localités comme Konga, surtout dans sa partie Ouest (province du Sourou), Ganagoulo (Sourou), Garkéré (province du Yatenga) se radicalisent depuis que des ressortissants fréquentent certains leaders pour soit disant ‘’des études coraniques’’. Ces derniers font des navettes entre le Mali et la région de l’Est, notamment Fada.

Des cellules dormantes du terrorisme ?

Ces actes d’intolérance teintés de discours violents passeraient peut-être inaperçus si ceux qui les tiennent n’avaient pas des accointances avec des chefs religieux maliens qui appellent ouvertement au djihad armé. Il n’y a donc pas qu’au Sahel qu’il faille braquer les radars de la surveillance. Profitant de la virginité de leurs zones en matière de terrorisme et du peu d’attention qui leur est accordée, certains adeptes des fous de Dieu pourraient étendre progressivement leur toile et agir à tout moment.

Il faut donc surveiller avec la plus grande attention ce qui, loin de l’actualité quotidienne, peut sembler banal, mais opprime de plus en plus une partie de la population. A ce prix, on pourra au moins éviter certaines surprises désagréables.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net 

 

Extrémisme religieux : Ces zones du Burkina Faso qui se radicalisent en silence ! LEFASO.NET | Par Tiga Cheick SAWADOGO • jeudi puisque les attaques des positions des Forces de défense et de sécurité et des populations civiles sont enregistrées surtout dan les discours d’intolérance et de radicalisation sont entendus ailleurs. Konga Sémè Ganagoulo dans la province du Sourou se transforment peu à peu. Les discours changent les habitudes aussi et pas dans le bon sens.

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